CANTINE
Je préfère manger à la cantine
Avec les copains et les copines
Et même si la viande est dure comme du caoutchouc
Au moins je suis sur de rigoler un bon coup
Ah la cantine ! La cantine, c’est pas bon, refrain bien connu. J’assiste depuis quelques années à la commission des menus au cours de laquelle nous discutons des menus proposés par le cuisinier. Y assistent également une diététicienne, Mr le Principal, la gestionnaire, un professeur, un représentant du personnel ATOSS, un délégué des élèves et un représentant d’API, fournisseur des denrées alimentaires.
Le souci principal est de
respecter, avant tout, l’équilibre alimentaire. Entre l’entrée et le dessert,
il faut veiller à la proportion des féculents, des graisses, etc…
Mais la commission tient compte
également des goûts des élèves, le cuisinier sait bien ce que ces derniers
apprécient plus ou moins, il voit ce qui reste dans les assiettes… Ou ce qui
est délaissé parmi les deux ou trois entrées proposées.
Une constante : les
adolescents n’adorent pas les légumes, je pense qu’en tant que parents, nous
sommes presque tous confrontés à ce problème à la maison, mais le collège a
pour obligation d’en proposer à tous les repas et ils figurent souvent au plat
principal ou à défaut, dans l’entrée. Le cuisinier s’efforce donc de les
présenter autant que ce peut sous forme de gratin, davantage apprécié par les
élèves.
En admettant que la qualité des
repas puisse être inégale, selon les jours, le cuisinier s’étonne tout de même
que lorsqu’ il propose des plats gastronomiques, un peu plus complexes et
mitonnés avec soin, les enfants les apprécient encore moins (alors que les
adultes s’étaient régalés, la direction et les professeurs mangent souvent à la
cantine).
Une autre constante est que les
élèves préfèrent de loin les poissons panés, les saucisses, les pizzas… Bref,
tout ce que la diététicienne traque dans les menus, alors on aimerait bien leur
faire plaisir plus souvent mais… c’est interdit !
Peut-être s’agirait-il de faire
un peu d’éducation au goût et à l’hygiène alimentaire, le mot n’est pas
appétissant mais avouons que nos ados préfèrent les plats peu équilibrés.
Nous avons demandé à plusieurs
reprises, les années passées, s’il était possible d’améliorer la qualité des
ingrédients étant donné que le budget restauration est excédentaire, ou bien
d’abaisser le prix du repas, ou pourquoi pas, d’acheter un four à micro-ondes
afin que les élèves puissent réchauffer leur plat.
Il nous a été répondu que la
qualité des ingrédients n’était pas en cause. Concernant le prix du repas, la
gestionnaire nous a fait remarquer que cet excédent a permis de ne pas
augmenter la contribution demandée aux familles (montant stable depuis quatre
ans). L’on pourrait certes baisser le prix du repas mais avec plus de 400
demi-pensionnaires, il s’agirait en fait de quelques centimes. Et on nous assure que le four à micro-ondes ne
ferait pas long feu…
Cette marge permet
également de faire face au remplacement de petit matériel (vaisselle par
exemple) et nous continuons à réfléchir sur la meilleure façon d'utiliser cet excédent.
Monsieur le Principal nous rappelle
régulièrement que la restauration scolaire est un service rendu à la famille, y
manger n’est pas une obligation. Lorsque je relaie sa réflexion, certains
parents m’objectent quelquefois que « quand même nous payons »,
je me permets de leur faire remarquer que l’on ne peut point trop exiger quand
on a une entrée, un plat de résistance, un fromage et un dessert pour moins de
trois euros (repas et coût de la main-d’œuvre compris).
L’an prochain, le service
restauration passera sous la tutelle du conseil général, si réclamations, vous
saurez à qui vous adresser désormais.
Jeanine Guebhardt