La moitié des élèves de CM1 et CM2 se plaignent de maux de ventre parce qu’ils ne veulent pas aller aux toilettes de leur école, selon le rapport annuel de l’Observatoire national de la sécurité des établissements (ONS).
Une portion non négligeable d’élèves paraît présenter des pathologies en rapport avec la non-fréquentation des toilettes : constipation aiguë ou chronique (15,1%), infection urinaire (21,6%), ajoute le rapport, qui précise toutefois que le mode de recueil des données ne permet pas de vérifier statistiquement le lien causal.
Cependant ces chiffres sont à rapprocher des études réalisées par le professeur Michel Averous, uro-pédiatre au CHU de Montpellier, qui constate une recrudescence des consultations pour infection urinaire lors des périodes scolaires, d’années en années. Selon ce professeur, il s’agit bien d’un problème de santé important à ne pas négliger car il est source de mal-être de l’enfant et parfois d’échec scolaire.
L’enquête de l’ONS révèle que 43% des élèves utilisent les sanitaires "régulièrement tous les jours" mais que 48,5% des élèves ne les utilisent qu’occasionnellement quand ils ne peuvent pas faire autrement et 7,2% disent ne jamais les utiliser dont presque la moitié sont pourtant demi-pensionnaires. 69,2% de ces lieux ne font l’objet d’aucune surveillance spécifique, selon le rapport.
Pour l’ONS, si l’étude ne concerne que le primaire, il n’en reste pas moins que la problématique concerne l’ensemble des niveaux d’enseignements, de la maternelle à l’université, et elle ne doit plus être un sujet tabou.
Le constat n’est pas nouveau, de nombreuses études ont été réalisées depuis 1985 allant dans le même sens mais il semblerait que les problèmes constatés sont appelés à perdurer si un effort généralisé n’est pas engagé, avertit l’ONS dans son rapport 2007, dont l’AFP a eu connaissance lundi.
En tant que délégués des parents d’élèves, nous signalons régulièrement ces problèmes lors des conseils d’école et d’administration, les réactions sont souvent empreintes d’un certain fatalisme, d’une impuissance à changer les choses : manque de personnel (d’entretien, surveillants), non respect des lieux par les élèves…
Mais peut-on continuer à tolérer que des enfants passent des
journées entières sans se rendre aux toilettes ou dans des conditions telles
qu’elles mettent leur santé en jeu ?
Les
adultes n’accepteraient pas de telles conditions sur leur lieu de travail.
Dans ses préconisations, l’ONS, qui doit remettre son rapport au ministre de l’Education, estime judicieux qu’un état des lieux soit réalisé et transmis aux autorités, assorti de demandes d’amélioration si nécessaire. Il préconise de mettre en place un groupe de travail piloté par le ministère sur l’actualisation des références en matière d’équipements sanitaires, d’entretien et d’hygiène dans les écoles.
Il serait en effet grand temps que ce sujet soit enfin pris au sérieux !





