A propos d'Entre les murs, le film de Laurent Cantet
Par Fabrice Cahen (1)
Au moment où le service public éducatif français subit l'une des plus grandes offensives de son histoire, où des questions fondamentales sur la formation de la jeunesse sont soulevées avec la plus grande acuité (veut-on plus d'école ou moins d'école ? Faut-il redéfinir les contenus et les méthodes d'enseignement ? Faut-il maintenir une formation commune le plus loin possible dans le parcours scolaire ? Doit-on accepter l'intrusion des logiques de marché ?, etc...), le film exceptionnel de Laurent Cantet est une bonne occasion d'aborder le sujet sous un angle bien souvent éludé par les "modernisateurs" du système éducatif.
"Entre les murs" est centré sur le personnage de François Marin (interprété par un François Bégaudeau qui joue juste et simple), personnage bien loin de tous les clichés emphatiques sur "le plus beau métier du monde" et ses héros charismatiques, et de toutes les rengaines journalistiques sur le "malaise des profs". On ne sait pas grand chose de lui, car plus encore qu'à son habitude, et avec un style qui évoque ici celui des frères Dardenne, Cantet va droit à l'essentiel, évitant soigneusement les fausses questions : on n'apprendra donc rien de "ce qu'il est vraiment" (nous ont été épargnés les ressorts scénaristiques convenus tournant autour de la vie privée ou amoureuse), ni des motifs profonds de son engagement dans le métier. Aucune scène ne se passe hors des murs de ce huis clos scolaire; François est professeur de lettres en collège, dans un quartier populaire parisien. Un professeur sincèrement attaché à son rôle social, celui de transmettre à des élèves (pour lesquels il a une affection manifeste) les clés de l'intégration au monde social -ou à celui des adultes- et nourrissant l'espoir sans illusion de donner un peu le goût de la langue et de l'écrit. Le propos du film ne prétend, et c'est heureux, à aucune sentence normative et François Marin n'est nullement posé en modèle à suivre. Le sujet, sociologiquement bien plus pertinent, porte sur une relation, ou encore une interaction, celle entre un enseignant et son "groupe classe". Tel est bien l'enjeu central, et d'une certaine manière le ressort dramatique du film, bien que celui-ci n'entre guère dans les codes narratifs du cinéma classique : celui de savoir si François va réussir à atteindre ce but de faire acquérir à ses élèves les outils linguistiques et le désir intellectuel et culturel, même modestes, qu'il entend leur transmettre.
Les obstacles sont pourtant nombreux et la "rencontre" pédagogique n'opérera que très imparfaitement. C'est ici que réside l'originalité et la subtilité de l'oeuvre; Les consommateurs de lieux communs sur les "jeunes des quartiers sensibles" n'en auront pas pour leur argent : les élèves de cette classe de ZEP n'ont pas le profil de "sauvageons" hostiles mais sont vingt gamins infiniment attachants, bien que souvent trop démunis culturellement pour s'adapter, même lorsqu'ils le souhaitent, aux formes relationnelles exigées dans le monde scolaire. La question n'est guère non plus de savoir si François est ou non un "bon pédagogue" ou encore s'il "a de l'autorité". C'est indéniablement un vrai professionnel, conscient des enjeux de sa discipline et de son métier, capable de reflexivité et d'autocritique, et doté de surcroît d'une expérience telle qu'il est rarement pris au dépourvu ou dépassé par la situation. Mais les collégiens peinent considérablement à se concentrer sur les cours : à travers des plans exemplaires, Cantet observe ces élèves qui perdent l'attention, ne semblent plus concernés par ce qui se dit, se laissent distraire par le moindre stimuli extérieur. Ils sont ailleurs, comme égarés dans un lieu qui semble ne pas signifier grand chose pour eux. Puissent les tenants du discours culpabilisateur sur l'ennui scolaire regardes ces images : est-ce parce que François serait un vieux fonctionnaire ronronnant que ces jeunes filles s'endorment sur leur cahier pendant qu'il leur parle du Journal d'Anne Franck ? Quant au bavardage, il est quasi-permanent, ponctué d'éclats de voix qui, s'ajoutant au brouhaha, conduisent sans cesse François à tenter de rétablir, par des "oh, oh !" un peu vains, un minimum de calme. Bien qu'assez tolérant en matière de discipline, François assume pleinement son travail à la Sisyphe d'inculcation des normes de comportement scolaire : là encore, un certain discours d'inspiration soixante-huitarde (ou nourri d'un Bourdieu et Passeron mal digéré) dénonçant la visée de "dressage" et le pouvoir disciplinaire de l'école, apparaît dans toute son obsolescence. Lorsque François doit endosser, au moins à l'entrée en classe ("enlève ta casquette", "taisez-vous quand vous entrez"), un rôle de gendarme auquel il n'était sans doute guère prédisposé, il s'agi bien moins d'imposer l'ordre nécessaire à l'exercice de l'autorité scolaire, voire de la violence symbolique, que d'instaurer les conditions minimales de la relation pédagogique. Cantet a ici admirablement saisi le coeur de la difficulté dans l'exercice quotidien du métier enseignant aujourd'hui, et pas exclusivement dans les "écoles de la périphérie" (selon l'expression d'A. Van Zanten) : pouvoir, tout simplement, être écouté un tant soit peu. Comment convaincre les élèves, alors que leur attention est si difficile à capter, de l'intérêt que peut présenter pour eux une institution dont ils ressentent tant la perte de légitimité sociale ? La classe de François, pourtant, ne manque pas de curiosité. Mais la spontanéité même des élèves rend le déroulement de toute séquence pédagogique aléatoire, car sans cesse interrompue par des questions hors de propos, notamment à caractère personnel ou affectif.
Plus en profondeur, la classe apparaît dans le film comme un prolongement du quartier, accueillant le pétillement juvénile, la gouaille et l'humour irrésistibles de ces jeunes, mais aussi les handicaps socio-culturels, les normes sociales spécifiques ainsi que les préoccupations consuméristes ou identitaires (2). François a en face de lui des jeunes gens dont les rapports mutuels sont façonnés par des codes d'honneur (ainsi que de virilisme hétérosexuel chez les garçons), et portés à comprendre le moindre mot ou geste mal choisi comme une insulte exigeant réparation. L'adhésion de leur part à la logique scolaire est souvent vécue (car jugée par les pairs) comme une soumission infamante. Comment le petit bourgeois cultivé François, représentant qu'il le veuille ou non de l'institution scolaire et du monde des adultes, peut-il malgré toutes ses bonnes intentions et la sympathie qu'il inspire aux élèves, ne pas être en porte-à-faux ?
Et pourtant, on ne le voit aucun moment se décourager ou tomber dans le désabusement. Il ne se donne ne revanche que des objectifs qui peuvent sembler bien modestes - à force sans doute d'adpatation progressive aux caractéristiques de son public, et par anticipation de l'échec pédagogique. Qui pourrait l'en condamner personnellement ? Il n'y a guère de raison de penser que sa relative acceptation d'une conception parfois utilitariste du français ait été une position de principe. Ou que ce recours à la valorisation de l'expression du moi adolescent, flattant plus ou moins le nombrilisme juvénile, soit plus de l'ordre du réel parti pris que de l'ultima ratio. Comme n'importe qui confronté à la même situation, il cherche, tâtonne, se laisse entraîner dans de mauvaises voies, trébuche à l'occasion. Si, tant bien que mal, la construction pédagogique se fait, au fil des jours, l'accident et la régression sont toujours une menace. L'un des moments-clés du film nous fait précisément assister au déroulement d'une sorte de mécanique kafkaïenne et pourtant d'un réalisme absolu. Deux malentendus successifs (plus exactement deux maladresse verbales de François complaisamment converties en injures par deux élèves), et voici toute la confiance patiemment gagnée depuis le début de l'année qui s'effondre en quelques instants ; et la classe de s'abattre comme un seul homme sur son professeur piégé, mis sur la sellette, infantilisé par le renversement des rôles. Pourquoi cette vindicte ? Sincère sentiment d'outrage ? Rituel de défi aux adultes ? Emulation au sein du groupe ? La clé n'est pas livrée. Voici François, professionnellement voué à la construction du sens, précipité dans une situation absurde, trahi par ses protégés. Là encore, cette séquence pointe un phénomène capital. Bien plus destructeur encore pour un enseignant que les bouffées de violence ou d'agressivité à son égard, il y a ce sentiment diffus que les élèves, si peu concernés par leur propre sort, se trompent de cible, se retournant contre leurs alliés, et contre eux-mêmes... jusqu'au suicide scolaire.
Pourtant, malgré tout, de nombreux moments réconfortants se présentent, lueurs furtives qui maintiennent le goût du métier. Ainsi le sourire rempli de fierté et de reconnaissance qu'adressent à François ces immigrés chinois, parents d'un élève qu'il vient de complimenter. Le passage permet par identification au personnage principal de saisir, hors de toute forme d'ironie, les ressorts du penchant méritocratique qui caractérisent l'ethos enseignant, voire même la bouffée d'oxygène que représentent pour eux les rares "miraculés scolaires". On citera le petit clin d'oeil malicieux d'Esmeralda à son prof, témoignant de ce que le conflit précédemment évoqué est clos.
On peut regretter dans ce film, bien que ce ne soit pas son objet, l'absence de toute mises en perspective d'ordre institutionnel général et de toute forme d'explication structurelle. Il en ressort une certaine dépolitisation des enjeux, réduits aux protagonistes locaux - la classe et l'équipe pédagogique. La réception du film ne peut qu'être altérée par le manque d'évocation des politiques scolaires des dernières décennies : une "massification" méritant peu le nom de démocratisation, qui manque d'une véritable volonté et de véritables moyens pour garantir la réussite des bénéficiaires de l'élargissement du public scolaire, renvoyant toute responsabilité aux acteurs de terrain et à la "pédagogie", pour finalement "substituer la certification à l'égalisation des savoirs" (3). On peut aussi trouver un peu plate la présentation d'un corps enseignant qui est dans la réalité moins solidaire et bien plus fragmenté qu'il n'y paraît, notamment dans sa perception des réformes. La dégradation de la situation matérielle des enseignants, les services alourdis faute de recrutements, tout cela a aussi des incidences sur l'exercice concret du métier et ne sont pas mentionnés.
Enfin, le film n'exprime pas la sensation si fréquemment éprouvée de ne pouvoir compter sur la hierarchie. A titre d'exemple, le portrait proposé du chef d'établissement, humble serviteur de l'école républicaine, contraste avec l'image plus réelle aujourd'hui d'un "manager" charismatique (4), enrôlant des équipes dans un esprit d'entreprise, tout en cherchant à parfaire les chiffres qu'il transmettra à ses supérieurs et à ne "pas faire de vagues". On est en droit de se demander si tous les principaux en collège aujourd'hui auraient été aussi prompts à réclamer un conseil de discipline face à un cas de violence comme celui qui se déroule dans le film.
Au total, voici une oeuvre qu'il est peut-être moins utile de conseiller aux enseignants eux-mêmes qu'à tous ceux qui ont de la curiosité pour le sujet et qui passeront deux heures "dans la peau d'un prof". On le recommande aussi à ceux qui fuient le cinéma didactique un peu trop répandu en France, préférant débusquer le sens dans le foisonnement parfois contradictoire des détails plutôt que de se voir infliger un message univoque et édifiant. La majorité des productions cinématographiques réalisées jusqu'à présent sur l'école, effectuées sans travail sans travail d'enquête et de documentation véritables, ne pouvaient informer le spectateur que sur les représentations et fantasmes des auteurs eux-mêmes. Grâce au regard acéré, clinique et empathique à la fois, du duo Bégaudeau-Cantet, "Entre les murs" (comme les autres films de Cantet ou encore comme le chef d'oeuvre l'Esquive) réussit à atteindre de prodigieux moments de vérité, jusqu'à faire toucher du doigt la vie même.
(1) Professeur d'histoire-géographie
(2) Voir BEAUD Stéphane, 80 % au Bac... et après ? Les enfants de la démocratisation scolaire. La Découverte, 2003.
(3) GARCIA Sandrine et POUPEAU Franck, "La mesure de la "démocratisation" scolaire, Notes sur les usages sociologiques des indicateurs statistiques. Les contradictions de la "démocratisation" scolaire. Actes de la recherche en sciences sociales, no 149-2003/4.
(4) "Les transformations du rôle du chef d'établissement d'enseignement secondaire", in VAN ZANTEN, Agnès, L'école, l'état des savoirs", la Découverte, 2000.
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COMMUNIQUE DE PRESSE
Le dispositif "policier référent" se généralise dans tous les collèges des Hauts de Seine
La FCPE 92 avait dénoncé au moment de son expérimentation dans notre département (2006), ce dispositif se substituant aux actions de l’officier de prévention dans les collèges. L’affichage répressif était clairement annoncé et prenait le pas sur le préventif.
Lundi 6 octobre 2008, tous les collèges des Hauts de Seine auront leur policier référent et la FCPE 92 reste défavorable à cette mesure qui n’est qu’un effet d’annonce et ne répond en rien aux besoins de la communauté éducative. Encore une fois, aucune concertation, aucun bilan sérieux de l’expérimentation n’ont été réalisés.
La présence du policier référent ne peut pas faire oublier le manque crucial de conseillers principaux d’éducation, de conseillers d’orientation, de documentalistes, d’assistantes sociales, d’infirmières, de psychologues, ...
La FCPE 92 réaffirme que pour lutter contre les comportements inciviques, pour protéger élèves et enseignants, il faut des adultes formés et porteurs d’une mission éducative dans les établissements scolaires.
Issy-les-Moulineaux, le 6 octobre 2008
Communiqué de presse
Qui s’intéresse aux élèves en difficulté ? Le ministre ? Oui, pour supprimer facilement des postes d’enseignants « qui ne sont pas face aux élèves »…
Le projet de budget 2009 pour l’Education nationale prévoit la suppression de 20% des postes d’enseignants spécialisés. Ceci entame sérieusement les capacités d’intervention des réseaux d’aide (RASED), pourtant centrés sur les difficultés des élèves au moment des apprentissages fondamentaux en CP et CE1.
Contrairement à ce qu’a affirmé le ministre encore tout récemment, en réponse aux propos de Luc Ferry, c’est désormais officiel, les RASED sont en voie de suppression.
Le ministre communique sur les deux heures hypothétiques de soutien hebdomadaires destinées à aider les élèves en difficulté mais il supprime les postes qui leur sont véritablement dédiés.
La FCPE appelle les parents à se mobiliser pour l’Ecole et la réussite de tous les élèves en ce mois d’octobre : le 17, en votant pour les listes FCPE, et le 19, en manifestant à Paris.
La FCPE, avec ses 325 000 adhérents, ses 20 000
conseils locaux et ses 68 120 élus est la première association de parents
d’élèves en France.
Etre parent d’élève délégué est un travail de terrain. Outre les différentes instances dans lesquelles nous siégeons (conseil d’école, d’administration et de classe, commission de discipline, d’appel etc…), nous pouvons être amenés à intervenir ponctuellement, sur demande d’un parent.
Le parent d’élève délégué fait le lien entre l’établissement scolaire (la Direction, les professeurs) et les parents : il peut tantôt être médiateur, force de proposition ou de revendication. Son seul but : agir dans l’intérêt de l’élève, de tous les élèves.
Pour ce faire, le délégué FCPE bénéficie d’une formation de grande qualité, dispensée par des parents bénévoles, mais qui ont une longue expérience et qui connaissent bien les textes. Cette formation est proposée, les samedis matin, au siège de la FCPE des Hauts-de-Seine, à Issy-les-Moulineaux.*
La FCPE Puteaux a choisi de centrer son action publique sur des manifestions ayant un lien direct avec l’école, comme par exemple les conférences sur la notation ou encore sur le rythme scolaire. Il nous semble que le rôle d’une association de parents d’élèves se situe là : une réflexion sur le système scolaire, une action orientée vers l’école. Nous revendiquons le statut de parent-citoyen, en oeuvrant concrètement, au jour le jour, mais nous aimons également apporter notre petite pierre à l’édifice, en engageant une réflexion pour la construction d’une école de qualité, pour la réussite de tous les élèves.
Jusqu’à présent nous avons versé une aide financière à trois écoles, dans le cadre de leur projet d’établissement. Nous préférons la discrétion pour ce genre d’action car il ne rentre pas dans les attributions d’une association de parents d’élèves de financer des projets pour lesquels l’Etat, puisque bien même l’Education Nationale les impose, devrait s’impliquer davantage et quoi qu’il en soit, nous ne bénéficions pas des subventions suffisantes pour distribuer sans compter.
Parents, que vous désiriez vous investir en tant que délégué ou simplement soutenir l’action de la FCPE, n’hésitez pas à nous rejoindre. Notre Union locale vous accueillera avec plaisir, vous ferez selon vos disponibilités : élu, délégué de classe ou « simple » adhérent, quel que soit votre statut vous serez informé sur les réformes, nombreuses ces temps ci, sur la vie dans nos écoles et… nos réunions, pour studieuses qu’elles soient, sont aussi conviviales.
Car une association de parents
d’élèves, c’est aussi un lieu de rencontres, d’échanges. Le meilleur ?
Notre fête à nous, fin juin, au Palais « Anna et Gilles ».
*Téléchargement les_formations_organisees_par_la_fcpe_des_hautsdeseine.doc
Rendez-vous mercredi le 1er OCTOBRE à 20 heures au Palais des Congrès de Puteaux, rue Chante-Coq
Réunion d'information et Assemblée Générale de notre Union locale.
APPEL POUR LE RETRAIT DU DECRET AUTORISANT LA MISE EN PLACE DU FICHIER EDVIGE
Sans débat public préalable, le gouvernement, par décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à l'avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST). A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d'EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale).
Il recensera, de manière systématique et généralisé, toute personne "ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif". Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.
En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les "suspects" simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l'avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à "l'ordre public".
Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que : état civil, photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances syndicales et associatives...
La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d'enquêtes administratives pour l'accès à certains emplois.
Les mineurs ne seront pas épargnés puique fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l'âge de 13 ans et cela sans qu'aucune infraction n'ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée.
Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la Commission nationale Informatique et Libertés concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives et politiques.
C'est pourquoi les organisations et les personnes signataires de cet appel :
- exigent le retrait du décret autorisant la mise en place du fichier EDVIGE qui institue un niveau de surveillance des citoyens totalement disproportionné et incompatible avec une conception digne de ce nom de l'état de droit et
- sollicitent le soutien et la signature de tous nos concitoyens et de toutes les organisations attachées aux libertés publiques, au respect de la vie privée et des droits de l'enfant.
Communiqué des 12 organisations ayant déposé un recours commun contre EDVIGE et du Collectif «Non à EDVIGE ».
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Une conférence de presse a réuni le 9 septembre les 12 organisations signataires d'un recours commun en annulation devant le Conseil d'Etat du décret créant le fichier EDVIGE, ainsi que bon nombre d'organisations et individus signataires de l'Appel « Pour obtenir l'abandon d'EDVIGE ».
La mobilisation contre la mise en place de ce fichier est immense et témoigne de l'inquiétude légitime de la population face aux attaques qu'il porte contre les droits fondamentaux et les libertés publiques et individuelles. Cette mobilisation a enfin été entendue et le Président de la République a souhaité que les libertés publiques soient préservées. La ministre de l'intérieur sur TF1 hier s'est déclarée prête à recevoir les organisations qui le lui demanderaient mais pour ensuite décider d'exclure a priori les représentants des 800 organisations et des 135000 signataires individuels du Collectif «Non à EDVIGE».
Cette mise à l'écart va manifestement à l'encontre de la démarche d'apaisement et de dialogue mise en avant par le Président de la République pour garantir les libertés.
Elle apparaîtra incompréhensible aux yeux de l'opinion publique et de nature à jeter un total discrédit sur l'action de la Ministre de l'Intérieur, comme sur la parole du Président de la République.
Pour le Collectif, le retrait du décret est un préalable à l'ouverture d'un débat parlementaire sur le respect des libertés publiques, débat dont l'annonce nous réjouit : il est plus que temps que les citoyens, par l'intermédiaire de leurs représentants, reprennent leur place dans une discussion qui n'aurait jamais dû leur échapper.
Dès aujourd'hui, les organisations demandent donc à rencontrer les groupes parlementaires des deux assemblées pour remettre les citoyens au coeur du débat.
Elles réaffirment leur volonté de voir ce décret annulé.
Si le décret n'était pas retiré d'ici là, elles appelleront les citoyens à fêter la sainte EDVIGE le 16 octobre en se rassemblant à Paris et en région pour faciliter le travail de la police et déposer leur propre fiche individuelle de renseignement auprès des services concernés, afin de démontrer que l'absurdité sécuritaire aboutit, peu ou prou, à ficher toute la population.
Dans l'attente du retrait du décret 2008-32, le Collectif « Non à EDVIGE » appelle l'ensemble des défenseurs des libertés de ce pays à amplifier la mobilisation en signant et en faisant signer l'appel « Pour obtenir l'abandon d'EDVIGE » http://www.nonaedvige.ras.eu.org, pour qu'enfin le gouvernement se résolve définitivement à retirer ce décret liberticide.
Contact sur ce dossier : Philippe CASTEL 06 25 76 81 92
Parents d’élèves délégués, souriez, vous êtes filmés !
Mis en ligne par Jeanine Guebhardt
Où il est question des rythmes scolaires, éléments de réflexion en rapport avec notre conférence avec F. TESTU, ce soir 13 mai à 18h30 au Palais de la Culture à Puteaux.
Tintin au Tibet : Que
pensez-vous de la fermeture des écoles le samedi matin ?
Philippe Meirieu : J'y
suis très hostile. Pour plusieurs raisons : d'une part, c'est, de fait, la
généralisation de la semaine de quatre jours. Or, la France a déjà une très
mauvaise gestion des rythmes scolaires, avec des journées trop longues et trop
peu de journées d'école dans l'année.
La suppression du samedi
matin va encore alourdir les journées existantes et accroître la fatigue
scolaire, qui est aujourd'hui l'une des causes majeures de l'échec.
Les élèves ont perdu plus
d'une heure de sommeil par jour depuis trente ans : ils sont excités, stressés,
et moins bien disposés à entrer dans les exercices scolaires.
D'autre part, je pense
qu'on aurait dû utiliser le samedi matin pour améliorer les relations entre les
familles et l'école : il était possible par exemple de demander aux enseignants
d'ouvrir systématiquement l'école aux familles le samedi pour améliorer la
connaissance du système scolaire, des pratiques pédagogiques, et permettre de
nouer un dialogue sur des questions qui intéressent à la fois les professeurs
et les parents.
Enfin, je crois que le système
de rattrapage qui est proposé pour les élèves en difficulté ne permettra pas
efficacement de leur apporter le soutien nécessaire : ils risquent de se sentir
punis de venir en classe plus que leurs camarades, et cela pourra parfois être
contre-productif.
marc : En quoi la
suppression de 3 heures de cours le samedi matin et la réduction de la semaine
de cours à 24 heures peuvent-elles accroître la "fatigue scolaire" ?
Philippe Meirieu : En fait, la véritable question c'est la journée scolaire, qui est trop lourde et qu'il faut réduire. Six heures de cours par jour pour des élèves de 8 ans, c'est excessif, et je préférerais des journées de quatre heures mieux réparties dans la semaine et dans l'année. Mais cela exige bien sûr une réflexion sur la mise en place d'activités complémentaires, culturelles ou sportives, qui aujourd'hui font défaut en France. Enfin, je trouve que, depuis plusieurs années, nous allons toujours dans le même sens : imposer aux élèves les contraintes des adultes en matière de week-ends, de vacances, de garderie, etc. Il faudrait plutôt s'intéresser aux besoins réels des enfants et réfléchir sur leur équilibre de vie.
Conférence-débat : LE RYTHME SCOLAIRE - LE RYTHME DE L'ENFANT
Présentée par Francois TESTU
Professeur en psychologie à de Tours
Mardi 13 mai 2008 à 18h30
au Palais de la CULTURE - 19/21 rue Chantecoq - Puteaux
François
TESTU, âgé de 62 ans, est professeur en psychologie à l'Université de
Tours et spécialiste des rythmes scolaires.
Bibliographie
(sur le sujet) :
RYTHMES
VIE RYTHMES SCOLAIRES Editions Masson Elsevier (2008)
DEVELOPPEMENT
DES FLUCTUATIONS JOURNALIERES DE L'ATTENTION CHEZ DES ELEVES DE 4 à 11 ANS,
Baptiste Janvier - François Testu
Ed. : Presses
Universitaires (2005)
L'ENFANT
ET SES RYTHMES
Ed. : Calman Levy
(2001)
CHRONOBIOLOGIE
ET RYTHMES SCOLAIRES
Ed.
: Masson (2000)
Dans le
futur débat sur l’école, le problème des rythmes scolaires
par
François Testu, Professeur des Universités en psychologie, Université de Tours
(2003, Cahiers pédagogiques, extrait)
Tous les ans, à la fin des vacances d’été, la question des
rythmes scolaires est posée sous des formes différentes, mais le temps passant
ces velléités de changement disparaissent.
Que veulent donc les adultes en souhaitant modifier ainsi
les emplois du temps scolaire qu’ils avaient imposés à leurs jeunes, il y a bon
nombre d’années ? Auraient-ils des remords ? Auraient-ils décidé de
ne plus imposer que leur seule loi, de ne plus satisfaire que leurs seuls
intérêts, de considérer enfin le jeune et de respecter ses rythmes ? Plus
généralement, auraient-ils admis que l’expression « rythmes
scolaires » est elle-même ambiguë et qu’elle peut être comprise d’au moins
deux manières ? Soit, les rythmes scolaires sont assimilés aux emplois du
temps scolaire, soit, ils sont définis comme des variations périodiques de
processus physiologiques, physiques et psychologiques des jeunes en situation
scolaire. D’une part, nous sommes en présence d’une rythmicité
environnementale, et d’autre part, d’une rythmicité propre aux élèves, aux
êtres humains. Tout le problème consiste alors à concilier ces deux types de rythmicité, à proposer des
emplois du temps scolaire, mais également périscolaires, qui soient en harmonie
avec les rythmes de vie du jeune.
Mais, lorsqu’il est projeté de réaménager en premier la semaine alors que les rythmes annuels et journaliers, les plus nombreux, sont ceux qu’il faut d’abord respecter, on peut en douter. Il n’est pas possible de considérer la semaine sans prendre en compte l’année et la journée. (…)
Courrier à Madame le Maire concernant le mercredi 23 avril travaillé, pour demander l'ouverture des restaurants scolaires et l'accès aux centres de loisirs l'après-midi.
Téléchargement courrier
La moitié des élèves de CM1 et CM2 se plaignent de maux de ventre parce qu’ils ne veulent pas aller aux toilettes de leur école, selon le rapport annuel de l’Observatoire national de la sécurité des établissements (ONS).
Une portion non négligeable d’élèves paraît présenter des pathologies en rapport avec la non-fréquentation des toilettes : constipation aiguë ou chronique (15,1%), infection urinaire (21,6%), ajoute le rapport, qui précise toutefois que le mode de recueil des données ne permet pas de vérifier statistiquement le lien causal.
Cependant ces chiffres sont à rapprocher des études réalisées par le professeur Michel Averous, uro-pédiatre au CHU de Montpellier, qui constate une recrudescence des consultations pour infection urinaire lors des périodes scolaires, d’années en années. Selon ce professeur, il s’agit bien d’un problème de santé important à ne pas négliger car il est source de mal-être de l’enfant et parfois d’échec scolaire.
L’enquête de l’ONS révèle que 43% des élèves utilisent les sanitaires "régulièrement tous les jours" mais que 48,5% des élèves ne les utilisent qu’occasionnellement quand ils ne peuvent pas faire autrement et 7,2% disent ne jamais les utiliser dont presque la moitié sont pourtant demi-pensionnaires. 69,2% de ces lieux ne font l’objet d’aucune surveillance spécifique, selon le rapport.
Pour l’ONS, si l’étude ne concerne que le primaire, il n’en reste pas moins que la problématique concerne l’ensemble des niveaux d’enseignements, de la maternelle à l’université, et elle ne doit plus être un sujet tabou.
Le constat n’est pas nouveau, de nombreuses études ont été réalisées depuis 1985 allant dans le même sens mais il semblerait que les problèmes constatés sont appelés à perdurer si un effort généralisé n’est pas engagé, avertit l’ONS dans son rapport 2007, dont l’AFP a eu connaissance lundi.
En tant que délégués des parents d’élèves, nous signalons régulièrement ces problèmes lors des conseils d’école et d’administration, les réactions sont souvent empreintes d’un certain fatalisme, d’une impuissance à changer les choses : manque de personnel (d’entretien, surveillants), non respect des lieux par les élèves…
Mais peut-on continuer à tolérer que des enfants passent des
journées entières sans se rendre aux toilettes ou dans des conditions telles
qu’elles mettent leur santé en jeu ?
Les
adultes n’accepteraient pas de telles conditions sur leur lieu de travail.
Dans ses préconisations, l’ONS, qui doit remettre son rapport au ministre de l’Education, estime judicieux qu’un état des lieux soit réalisé et transmis aux autorités, assorti de demandes d’amélioration si nécessaire. Il préconise de mettre en place un groupe de travail piloté par le ministère sur l’actualisation des références en matière d’équipements sanitaires, d’entretien et d’hygiène dans les écoles.
Il serait en effet grand temps que ce sujet soit enfin pris au sérieux !